Décalage social
Une anecdote qu'on a pas pu garder dans ma BD… mais qui me ressemble tellement. Quand il y a une soirée, du monde, des discussions qui fusent… moi, je suis souvent assise à côté du chien, du chat… ou parfois d'un escargot, dans le jardin .
Je me sens souvent plus à l'aise avec les animaux et la nature qu'avec les humains. J'ai l'impression qu'ils ne me jugent pas… et que je comprends mieux ce qu'ils veulent.
Avec eux, pas de questions compliquées sur les échanges sociaux : quoi dire, comment le dire, quand regarder dans les yeux… Pas d'efforts pour comprendre des sous-entendus ou éviter les malentendus.
Un ronron ou un toutou ça veut : jouer, des caresses, dormir tout collé, manger, se promener… et parfois vomir au milieu de l'escalier.
Un humain, par contre… peut passer par mille phrases pour en dire une seule que je ne comprends pas. Il peut laisser planer des implicites silencieux que je n'entends pas. Il peut me toiser de la tête aux pieds, lever les yeux au ciel quand je parle, m'ignorer comme si je n'existais pas. Même si je ne dis rien, je le vois bien tout ça.
Un ronron ou un toutou, lui… il ne me fait pas de coups bas et il s'en fout que je sois différente. Il me regarde avec des yeux doux pour que ma main, enfin, puisse caresser son cou. Il fait miaou, miaouuuuuu, MIAOU, prrrrrprrrrr, pifpif, grrr, ouaf ouaf. Et moi… je comprends mieux tout ça.
L'autisme, ce sont aussi ces petites différences dans ma façon de vivre les interactions sociales. Des décalages parfois invisibles, mais qui font pleinement partie de ma manière d'être au monde.
