Drôle d'oiseau fait un petit tour dans le magazine départemental des Ardennes :


Retranscription de l'article :
" Élise, drôle d'oiseau
Sa maison ressemble à celles qu'on croise dans les livres pour enfants. Une petite maison au milieu du gazon, avec des papillons, des nichoirs partout et des oiseaux, plein d'oiseaux, et des fleurs de toutes les couleurs. Vous l'avez ?
Là, à Condé-lès-Herpy, vit une femme de 37 ans qui n'est pas tout à fait comme les autres ; Élise Couval est autiste. Cela étant dit, pour nous qui l'avons rencontrée, on préférerait dire qu'elle est un drôle d'oiseau. On n'invente rien, c'est le titre du livre que cette illustratrice et autrice a sorti au printemps dernier chez Mango éditions. Un recueil de petites scènes de la vie quotidienne, sensible, tendre à souhait, qui permet de mieux comprendre l'autisme. Et qui va, on vous le garantit, vous faire rire !
« Je voulais que ma BD soit légère. Parce qu'en vrai, le sujet est lourd : je raconte qu'on ne me comprend pas et que je ne comprends pas le monde dans lequel je vis. Alors, l'autodérision, le rire, ça permet de dédramatiser tout ça. »
En 2023 déjà, cette ex-enseignante en arts plastiques avait édité (elle-même) un livre sur son "handicap". « Lexique atypique, je l'ai écrit pour dire : vous avez le droit d'exister avec vos singularités. Je voulais que les gens comprennent ça, explique Élise. C'est un livre thérapie. En le partageant, j'ai réalisé que d'autres personnes étaient concernées. Je me suis sentie moins seule, ça m'a fait beaucoup de bien. »
Mieux encore, avec Drôle d'oiseau !, elle fait du bien aux autres. « Pour dessiner mon drôle d'oiseau (c'est-à-dire moi !), je me suis inspirée du rollier à longs brins. Cet oiseau, il me ressemble trop, on dirait le spectre autistique ! Ses plumes, ce sont des tâches de couleur dans tous les sens, y'a pas de logique. J'ai une lectrice autiste qui s'est tatoué le drôle d'oiseau, qui l'a dans la peau !, s'émeut Élise. Et une autre qui m'a fabriqué une peluche qui ressemble trait pour trait à mon dessin. J'ai pleuré, le jour où je l'ai trouvée dans ma boîte aux lettres ! Le livre a un pouvoir de guérison très fort ; raconter la vie de quelqu'un, c'est lui permettre de se réapproprier son histoire, ses angoisses », est-elle persuadée.
Au milieu de ses milliards de projets, dont celui de réussir à s'implanter dans le Grand Est en tant qu'illustratrice engagée pour le handicap, Élise a très, très envie de se lancer à l'assaut des livres jeunesse. « D'abord parce que j'adore l'univers des enfants, on peut se lâcher, par exemple on peut faire parler les animaux ! Et aussi, parce que les enfants sont des êtres merveilleux qui comprennent tout ; ce sont eux en premier qu'il faut sensibiliser, pour qu'ils deviennent des adultes sensibles à la différence. "
Magazine départemental des Ardennes - 2026